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Caractéristiques et enjeux

Salat amont (MIGADO ©)  Salat à Mazères-sur-Salat (MIGADO ©)

 

Cette page vous présente les caractéristiques et les enjeux du site Natura 2000 'rivière Salat'.

Caractéristiques du site

Le site d’étude de la rivière Salat s’étend sur 60 kilomètres de la confluence avec la Garonne en aval, sur la commune de Roquefort-sur-Garonne (31), jusqu’à la confluence avec le ruisseau Hoque du Champ, au lieu-dit la Mourère, sur la commune de Couflens (09) en amont : 28 communes et 2 départements sont concernés par l’étude.

Seul le lit mineur est concerné, c'est à dire la limite d'écoulement de l'eau avant débordement.

Carte des communes du Salat

Enjeux du site

Les enjeux identifiés lors de l'élaboration du DOCOB sont au nombre de 3 :

 

  • Maintien ou amélioration de l’état de conservation des habitats

Sont concernés les habitats naturels rivulaires ou aquatiques et les habitats d’espèces d’intérêt communautaire.

Habitats naturels
Les inventaires naturalistes ont montré une grande richesse biologique. Toutefois, les forêts alluviales pourront faire l’objet d’un entretien voire d’une restauration dans les zones trop dégradées (puisque sur de larges portions elles se cantonnent à un linéaire d’arbres), en favorisant si possible le bouturage d’essences locales. La gestion du corridor alluvial concerne la partie arborée mais également la partie arbustive de la ripisylve puisqu’il serait nécessaire de conserver, dans l’idéal, 30 % de fourrés pour le bien-être des populations de loutres. Dans l’objectif du maintien d’une mosaïque d’habitats, il sera également important de conserver la succession : banc de graviers végétalisé – ourlet riverain – ripisylve, d’autant plus si elle est exprimée et complète. Le maintien d’arbres sénescents et à cavités est également important pour la préservation de la biodiversité (chauves-souris, insectes xylophages…) ; le diagnostic établi laisse apparaître un déficit.

Lors des inventaires de terrain, un constat a été fait concernant la présence, sur des portions de linéaire relativement étendues, d’espèces végétales envahissantes telles que la renouée du Japon, la balsamine de l’Himalaya, l’ailante, le buddleia du père David. Des mesures sont préconisées afin de limiter leur propagation en particulier en informant toutes les personnes susceptibles de les manipuler (communes en lien avec la gestion des espaces verts, syndicats de rivière, pépiniéristes, administrations qui pratiquent l’entretien des cours d’eau ou des bords de routes…). De plus, un contrôle de ces espèces envahissantes pourra être entrepris en testant diverses méthodes (fauches répétées, pose de géotextile…) sur des sites pilotes localisés dans des peuplements d’intérêt communautaire ; en cohérence avec les autres DOCOBs du site FR7301822 (la Garonne et ses affluents en Midi-Pyrénées). Il serait également intéressant de réaliser une étude de diagnostic sur l’ensemble du linéaire pour connaître la situation réelle de colonisation des berges du Salat par ces espèces dont la dynamique est mal connue.


Habitats d’espèces
Le maintien et la préservation des habitats d’espèces sont indispensables à la biodiversité animale terrestre et aquatique. Des propositions d’actions ont été faites sur certaines espèces : afin d’éviter des collisions entre les loutres et les véhicules sur les ouvrages de franchissement, il est préconisé la création d’un passage hors d’eau sous les ponts ; il a également été évoqué la contamination de la chaîne alimentaire des chauves-souris par les traitements antiparasitaires du bétail ; notamment certains vermifuges à base d’Ivermectine qui détruisent les bousiers et autres insectes dont se nourrissent ces mammifères (d'autres vermifuges existent ou des précautions simples peuvent être prises, comme le confinement du bétail après traitement) ; il est proposé également de sensibiliser les éleveurs à la mise en place de points d’eau d’abreuvement pour le bétail hors du lit du cours d’eau afin d’éviter des apports importants de matière en suspension, l’érosion des berges et la prolifération de certaines maladies véhiculées par l’eau.

Le Lez, affluent rive gauche du Salat au niveau de Saint-Girons, génère divers phénomènes hydrauliques à partir du barrage de Castillon-Tournac qui se répercutent sur le Salat à partir de Saint-Girons et ce, jusqu’à la confluence avec la Garonne :
-    des transparences qui sont des opérations consistant à limiter l’accumulation de sédiments dans la retenue en rétablissant au droit du barrage le transport solide de la rivière en période de crues.
-    des vidanges. Puisqu’il s’agit d’un barrage de plus de 20 m de haut intéressant la sécurité publique, il est soumis à une surveillance spécifique de l’exploitant et des services de la DRIRE. Cette surveillance comprend une inspection décennale portant notamment sur les parties de l’ouvrage habituellement submergées et donc inaccessibles. Cette inspection permet de compléter les constatations faites à l’occasion des contrôles annuels et de valider les conclusions relatives à la stabilité de l’ouvrage. L’inspection des parties submergées peut s’effectuer soit par robot submersible équipé de caméra, soit directement après avoir vidangé le barrage, ce qui a été réalisé pour la dernière fois en septembre 2002.
-    et des éclusées qui sont des volumes d'eau lâchés à partir de l'ouvrage hydraulique et qui se traduisent par des variations de débit brusques et artificielles en aval.
Ces phénomènes ont des conséquences sur l’écosystème aquatique (biotope et biocénose) et pourront être traités dans un groupe de réflexion sur le Lez. Le fonctionnement en éclusées a des impacts avérés sur l’ensemble des communautés aquatiques. Les peuplements d’invertébrés sont concernés par une réduction de la diversité, de l’abondance et de la biomasse ; également par une dérive accrue. Les peuplements piscicoles peuvent subir des réductions de biomasses, des mouvements de dévalaison, une diminution des taux de croissance, des changements dans l’abondance relative des différentes espèces et une diminution de la densité ou la disparition de petites espèces vivant en bordure au profit d’espèces généralistes. Dans des cours d’eau larges, les grands bancs de graviers peuvent être découverts entre les éclusées, ce qui peut entraîner l’échouage de poissons ou leur piégeage lors de la descente des eaux ; les frayères peuvent se retrouver à sec si la reproduction a eu lieu lors de débits élevés (la survie est alors compromise) ; les œufs peuvent dériver et la fraie peut être stoppée dans certains cas. L'impact sur les populations de desman des Pyrénées est vraisemblablement du même ordre que sur les populations piscicoles ; même si, sur le cours du Salat, l’espèce serait peu concernée vu sa répartition. Concernant l'impact sur les populations de loutre, dans le cas de forts marnages, des noyades de catiches pourraient survenir.
Dans le but de déterminer l’impact des éclusées sur le Salat, il est proposé d’équiper les usines hydroélectriques de limnigraphes, qui sont des appareils de mesure et d’enregistrement des variations de niveau d’un plan ou d’un cours d’eau. Ces appareils sont imposés dans les nouveaux règlements d’eau mais cette proposition permettrait de compléter le dispositif sur l’ensemble du linéaire. De plus, une étude sur la sensibilité de la Garonne amont aux éclusées est en cours de réalisation par le Syndicat Mixte d’Etude et d’Aménagement de la Garonne (SMEAG) et pourra apporter des éléments de réponse sur cette thématique.

Pour améliorer les connaissances actuelles et ponctuelles, il a été proposé la mise en place d’une étude morphodynamique qui permettrait de déterminer des profils en long et en travers et ainsi d’estimer la situation actuelle vis-à-vis des matériaux du lit (déficit ?) et l’évolution du cours d’eau (section, végétalisation ….).


  • Amélioration de la qualité de l’eau

La préservation des espèces aquatiques ou semi-aquatiques recensées lors de l’étude (voire l’extension de leur aire de répartition) passe obligatoirement par le maintien et l’amélioration de la qualité d’eau. C’est le cas des populations piscicoles directement concernées ; également celui des populations de desman qui se nourrissent d’invertébrés aquatiques particulièrement sensibles à la pollution et aux modifications du régime hydraulique des cours d’eau ; mais encore des populations de loutre se nourrissant essentiellement de poissons ; une bonne qualité des milieux leur profitera en tant que maillon terminal de la chaîne alimentaire.
Les résultats des analyses effectuées régulièrement par l’Agence de l’Eau Adour Garonne indiquent une qualité correcte de l’eau vis à vis de la quasi-totalité des paramètres physico-chimiques et biologiques mesurés (excepté les micro-minéraux inorganiques puisque le Salat est soumis à une pollution métallique par le zinc et le plomb, s’expliquant par la présence de filons métalliques dans la chaîne pyrénéenne). Il existe 4 stations de mesures pérennes de l’amont vers l’aval : Seix, Palétès, Caumont et Roquefort-sur-Garonne. Certains paramètres ne sont pas à l’heure actuelle pris en compte sur le linéaire comme la qualité bactériologique de l’eau, qui pourrait poser quelques problèmes sur l’amont du cours d’eau, fréquenté pour des activités nautiques et de baignade.
Afin d’améliorer ce suivi physico-chimique il est proposé de mesurer le paramètre ‘Pesticides’ au niveau de la station de Roquefort-sur-Garonne (celle située la plus en aval, non loin de la confluence du Salat avec la Garonne) en complément ou en remplacement de la station de Caumont (mesure depuis 2003). En effet, il paraît plus logique d’estimer les apports de pesticides le plus en aval, vu que l’activité agricole est localisée sur le bas Salat. Il sera également proposé la mesure du paramètre bactériologique essentiellement en amont du cours d’eau.
Quant au suivi de la qualité hydrobiologique, l’IBGN [Indice Biologique Global Normalisé : cet indice évalue la capacité globale du cours d’eau à héberger les communautés d’invertébrés aquatiques compte tenu de la qualité de l’eau et des habitats] est mesuré à 3 stations (Palétès, Caumont et Roquefort-sur-Garonne), l’IBD [Indice Biologique Diatomique : cet indice reflète la qualité générale de l’eau d’une rivière plus particulièrement vis-à-vis des matières organiques et des nutriments (azote et phosphore)] n’est pas pris en compte sur ce cours d’eau et l’indice poisson [il permet d’évaluer la qualité écologique des cours d’eau d’après l’étude de leur peuplement piscicole] est mesuré au niveau de Caumont.

Il s’agira d’améliorer la qualité de l’eau, sur le cours du Salat, en particulier vis-à-vis des pesticides, de la pollution diffuse, des rejets directs, des vidanges du barrage de Castillon-Tournac et des rejets des systèmes d’épuration - puisqu’il existe certains sites où l’épuration n’est pas satisfaisante – (une augmentation des contrôles pourrait être réalisée dans le cadre de l’auto-surveillance de ces installations pour les exploitants volontaires).
Pour limiter la pollution diffuse, une information sera diffusée sur l’utilisation des produits phytosanitaires en bordure de cours d’eau et leurs effets sur la vie aquatique, en proposant des solutions alternatives aux riverains, aux communes effectuant l’entretien des espaces verts, aux administrations … De plus, entre Lacourt et Kercabanac, le cours d’eau est bordé de 2 routes : la D618 (en rive gauche) et la D3 (en rive droite). Il a été proposé d’étudier l’impact éventuel de cette route sur le cours d’eau en particulier vis-à-vis des eaux de ruissellement (hydrocarbures, salage…). Il s’agira également de s’assurer que les stations services localisées en bordure de cours d’eau sont bien équipées pour éviter des rejets intempestifs dans le cours d’eau. En outre, nous ne possédons pas d’informations quant à la qualité des sédiments du lit du Salat.

Le maintien de la qualité de l’eau passe également par le maintien d’une quantité d’eau suffisante pour préserver l’équilibre de l’hydrosystème. Il est donc proposé de veiller au respect des débits réservés dans les tronçons court-circuités, la plupart est au 1/10e du module (sauf exceptions au 1/40e). Une information pourra être diffusée auprès des préleveurs d’eau (irrigants et consommateurs d’eau potable lambda) sur la présence d’un site Natura 2000 ‘cours d’eau’, sur les économies d’eau et pourra prévenir des conséquences du manque d’eau en rivière sur les communautés aquatiques.

  • Information et sensibilisation

Les riverains rencontrés lors des prospections de terrain et les acteurs locaux qui ont participé aux groupes de travail ont souhaité développer l’information autour du site Natura 2000, de sa biodiversité, de ses espèces remarquables : loutre d’Europe, desman des Pyrénées, chauves-souris, habitats naturels...
L’information sera à adapter en fonction du public concerné selon les types d’utilisateurs de la rivière et les acteurs locaux : riverains, gestionnaires, pratiquants d’activités récréatives, professionnels du tourisme, scolaires, touristes …

Il est proposé la mise en place d’un suivi de l’activité touristique ciblé sur quelques activités comme la pêche, la randonnée sur certains sentiers (équipés de panneaux informatifs spécifiques aux habitats naturels et aux espèces présentes sur le site) ou le canoë-kayak afin d’évaluer l’évolution de la fréquentation sur le site, à mettre en lien avec une information spécifique pour ce public.


  • Rétablissement de la libre circulation du cours d’eau

Le Salat est une rivière aménagée comportant 24 usines hydroélectriques et 29 barrages, seuils ou chaussées (Annexes VI et VII). De plus, il existe une nouvelle centrale hydroélectrique en cours de construction à Prat-Bonrepaux, ainsi qu’un projet d’installation à Lacourt.

La présence des barrages et des usines hydroélectriques entraîne des impacts à différents niveaux : sur le cours d’eau directement, son fonctionnement, sur ses populations et sur la dynamique de la végétation rivulaire. Le fait d’avoir un cours d’eau fragmenté entraîne des modifications hydrauliques (suppression quasi-totale des crues ; présence de débits réservés ; érosion accrue des berges et/ou creusement du lit), une modification du transport solide sur le linéaire et une entrave à la libre circulation des populations piscicoles.

Il est préconisé une mise en conformité des installations présentes sur le Salat mais également, il est nécessaire de favoriser la libre circulation entre l’axe principal et ses affluents. De plus, il pourra éventuellement être envisagé l’effacement d’un seuil ou barrage, sans fonction particulière, après un diagnostic préalable et une étude de suivi des opérations sur 2 années ; ce pourra être le cas à Lacourt si le projet actuel n’est pas retenu. De plus, vu le nombre actuel de barrages et d’usines il n’est pas souhaitable de multiplier les nouveaux projets mais plutôt d’optimiser la production sur les sites existants en profitant des nouvelles technologies.